Plume et pinceau (2)
Ce qu'il vous faut
Voici le matériel nécessaire pour profiter pleinement de ce module :
Pas de matériel supplémentaire
nécessaire aujourd’hui
L'Observatoire
Encore des plumes et des pinceaux

Il y a tellement de magnifiques exemples de dessins à la plume ou au pinceau, tant de manières de s’en servir, tant de détails à observer que le module précédent n’y suffisait pas.
Vous y avez trouvé les bases de l’usage de la plume, mais relativement peu de détails sur les possibilités des pinceaux.

Ce module-ci va compléter le précédent, restant tout de même à cheval sur ces deux techniques très différentes mais paradoxalement proches.

Regardez, par exemple, sur ce dessin, la subtile gamme de teintes en lavis et les renforcements à la plume.
Deux techniques qui se fondent à merveille.
Je vous propose d’ailleurs de regarder quelques dessins plus en détail dans l’Atelier Découverte pour y remarquer des options techniques que vous pourrez très bien utiliser dans vos dessins personnels.
Atelier Découverte
Comment peut-on ignorer les Maîtres ?
Je n’ai jamais pu comprendre sur quel critère absurde un seul livre sur le dessin pouvait être publié sans références aux grands dessinateurs du passé.
A l’échelle de l’histoire de l’art que nous connaissons, ces Maîtres de la plume et surtout du pinceau sont simplement de grands frères pour nous et non des ancêtres éloignés.

Regardez cette table de gibier de Snijders. Une fois passée la découverte du sujet, ce dessin propose tout ce qu’il faut pour retenir notre attention et nous donner un cours complet de plume et de lavis sans que le peintre n’ait à dire un seul mot.
Peut-être faut-il s’approcher un peu pour sentir la grande leçon de Snijders.

En s’approchant, on voit le mélange des techniques, ici lavis et plume. Mais pouvez-vous en déduire la manière dont le travail a été organisé ? Si vous n’y arrivez pas, il faut peut-être vous approcher encore.

Vous arrivez à une bonne distance de l’oeil. Il y a une échelle pour chaque dessin, pour chaque tableau, à laquelle vous pouvez découvrir ce que le peintre vous a laissé comme indices. Non, il ne l’a pas fait dans le but de vous proposer une devinette mais, si vous commencez à savoir véritablement vous immerger dans le travail des grands, vous vivrez probablement quelque chose de similaire à ce que le dessinateur lui-même a reçu de son propre maître.

A cette échelle, on voit parfaitement quelque chose : regardez le raisin, regardez les grains du raisin faits à la plume.

Regardez maintenant les plumes des bécasses et des faisans.

Regardez les volumes ronds des fruits. Voyez-vous dans quelques détails que le travail a été pris dans le sens inverse de ce que l’on pourrait s’attendre à voir ?
Si nous avions vu Frans Snijders travailler, nous aurions vu qu’il traçait très légèrement sa mise en place…

…puis qu’il passait en lavis les grandes masses visuelles. Obtenant quelque chose qui devait approcher cette simulation faite dans Photoshop.

Et ce n’est qu’après qu’il faisait danser sa plume sur ce lavis pour donner corps à certains éléments et en laisser d’autres plus imprécis, dirigeant magistralement l’oeil du spectateur là où il le désirait précisément.
Je dis bien que sa plume danse car c’est l’un des moyens de discerner les grands dessinateurs du commun des artistes.
Voyez plutôt :

La plume ou le pinceau dansent parfois tellement librement qu’ils entrent dans une espèce de rythme graphique remarquablement organisé par le subconscient.
La main se libère alors de ses chaînes et devient une prolongation de l’esprit et non du bras. A méditer…
Variantes
La technique mixte partant d’un lavis, repris ensuite à la plume, permet de nombreuses variantes. Beaucoup de plume et un lavis léger ou l’inverse. Il n’y a pas une technique plus probante que l’autre. Seule la corrélation entre le sujet et la méthode retenue compte.
Tout d’abord, les encres dites “de Chine” ont des propriétés qui leur permettent, une fois sèches, de ne plus trop se diluer. Il y a donc des artistes qui ont procédé dans l’autre sens, le sens le plus logique pour un débutant : le dessin en ligne d’abord, les masses en lavis ensuite.

Les quelques flous dus à la dilution aléatoire du trait déposé auparavant, donnent dans certains cas de beaux effets comme en A sur cette image.
Avant de regarder les traités de plume et de pinceau qu’il est possible de juxtaposer, je voudrais vous faire faire un petit détour du côté des outils. Vous sentirez ainsi davantage les instruments ou les supports utilisés sur les dessins présentés.
C’est dans le chapitre : Matériel Particulier.
Atelier Pratique
Essayez de faire vous-même ces tracés ou ces exercices.

Des hachures en chevrons au pinceau fin et sec.

Des hachures moyennes avec un très gros pinceau.

Des tracés asséchés.

Des pleins et déliés brisés calligraphiques à la brosse plate.

Tracez des ovales de calligraphie. Faites des “O” en deux courbes successives.
Ici il s’agit d’une sorte de lettre dite Onciale.

et des “O” en Caroline bien semblables et bien proportionnés.
Motif végétal au pinceau
Voici un exercice très agréable à réaliser.
Partez de rien, ou d’une esquisse à peine tracée …

…et laissez le pinceau courir seul.

Comme ceci.

Donnez une masse générale…

Continuez à ajouter du feuillage

puis donnez du corps à votre motif.

Plus vous aurez de contraste dans le feuillage, plus le motif sera réussi.

Mettez quelques touches encore. Ne tombez pas dans le miniaturisme.
A vous !
Matériel particulier
Le matériel est important
Si vous partez avec un mauvais matériel, vous allez vous énerver, vous allez rater vos essais, vous allez vous dégoûter.
Un bon dessinateur peut théoriquement travailler avec à peu près n’importe quoi, mais uniquement s’il a acquis la souplesse technique qui lui permet de s’adapter à une situation particulière.
Prenons l’exemple d’une plume qui gratte un peu ou d’un pinceau qui a un poil cassé.
Celui qui débute pense souvent qu’il faut s’y habituer et uniquement “s’y faire”.

Le dessinateur chevronné arrive à modifier son geste pour ne pas faire accrocher cette plume qui gratte et il se débrouille pour tourner le pinceau de manière à ce que ce poil récalcitrant soit dirigé vers le ciel.
Entre les deux, il y a la sagesse que doit adopter celui qui n’est pas encore sûr de lui.
Un poil dépasse… on le coupe ! une plume gratte… on la change, ou encore on change de papier.
Ce conseil semble superflu et pourtant, combien de dessins ont été gâchés pour n’y avoir tout simplement pas pensé.
Voyez aussi comment réparer un bon pinceau à la gouache dans : Le Pansement
Pour dessiner au pinceau ou à la plume, vous devriez théoriquement utiliser deux supports différents. Pour la plume un support lisse, pour le pinceau un papier fort et de type aquarelle ou lavis.
Si vous mélangez les deux techniques, pensez au contrecollé. Il existe une gamme importante de papiers contrecollés.

Ce sont des cartons bois, sur lesquels on a collé en usine une feuille de papier lisse ou à grain. Le lavis s’y réalise très bien sans que votre feuille ne gondole. La plume y accroche également juste comme il faut si vous avez correctement choisi votre grain.
Le tire-ligne
Le tire-ligne est un très bel outil. C’est une sorte de plume dont les deux becs plats peuvent s’approcher au moyen d’une vis à molette. La précision de l’écartement des becs est horlogère.

Il permet de tracer des lignes d’une régularité qui dépasse même celle des plumes tubulaires.
Voici comment l’on s’en sert.

Avec un pinceau chargé d’encre ou avec une pipette compte-goutte, placez de l’encre entre les deux becs en les laissant légèrement entrouverts. La goutte d’encre a tendance à être aspirée par les becs mais…

…elle n’avance pas jusqu’à la pointe si vous ne faites pas attention de bien tirer la goutte jusqu’au bout du bec.

Essuyez bien les deux côtés extérieurs des becs. Si vous êtes bien à plat, seule l’encre qui est à l’extérieur du tire-ligne est pompée. Le papier de cuisine est mieux adapté que le chiffon qui pompe moins vite mais plus fort.
Si cette phase est mal exécutée, une tache est inévitable au départ de la ligne.

Sinon le tire-ligne trace presque des droites parfaites à main levée.

La molette permet des épaisseurs de traits variées et précises.

A l’aide d’un espaceur automatique, on peut créer des lignes de grande précision.

Comme ces lignes d’un dixième de milimètre espacées de deux dixièmes.

Mais le tire-ligne peut servir de calame et l’on peut le prendre sur la tranche pour dessiner directement ou faire des pleins et des déliés.

Ou travailler avec lui comme avec un pinceau.

Si vous laissez sécher de l’encre ou de la gouache dans un tire-ligne, il faut penser à gratter délicatement l’intérieur des becs avec une lame de cutter ou de bistouri. Faute de cela, l’encre ne s’écoulera pas régulièrement.
Le Pinceau

Les pinceaux ont des formes prévues pour différents objectifs.
De haut en bas:
Gros pinceau à lavis, martre courte pour l’huile, petit pinceau à aquarelle ou lavis, pinceau à poils très longs pour la lettre, pointe très courte pour l’huile ou la gouache, pinceau à manche long pour blaireauter*, pinceau à gouache.
* Blaireauter est une technique très particulière à l’huile. L’explication sort du cadre de ce cours axé sur le dessin. Ce pinceau peut être aussi utilisé comme balayette mais il n’a jamais servi à peindre l’herbe…comme je l’ai si souvent entendu !

Le pinceau fin s’utilise comme un crayon avec une encre déjà presque sèche…

… ou encore comme une plume en petits accents durs.

Comme au Japon, vous pourrez utiliser les pinceaux en “petit -gris” pour faire des lavis en larges teintes diluées…

… et inventer des univers directement au bout de votre bambou…

… ou laisser la magie du pinceau opérer.
Le stylo plume
On peut faire de beaux dessins avec un stylo.

Si la plume est souple on obtient des dessins dont le traité rappelle véritablement celui de la plume animale.

En retournant la plume, on peut obtenir des traits extrêmement fins.
La plume d’oie
Vous verrez comment tailler la plume d’oie ou celle d’autres volatiles dans l’onglet Le jeu de l’Oie.

Le trait de plume est très expressif. C’est l’un des plus séduisants dans un dessin. Mais sa précision laisse à désirer.

Le geste doit être plus ample et plus lâché qu’avec des instruments métalliques.

On peut avec une plume d’oie ou de pigeon avoir un tracé très végétal.

Pour faire des entrelacs, il faut charger la plume juste de la bonne quantité d’encre. Essayez toujours votre plume sur un échantillon avant de vous lancer.
A la plume, il n’est pas rare de réaliser autant de traits d’essais que de traits sur le dessin définitif.
Le jeu de l'oie
La taille des plumes pour dessiner ou écrire

Choisissez de belles plumes d’oies ou de gros volatiles.

Préparez des outils tranchants.

Débarrassez la plume du duvet.

Et nettoyez bien le calamus (tube) de la plume sur une dizaine de centimètres.

Ayez quelques plumes d’avance mais ne les taillez pas avant de savoir ce que vous voulez en faire, écrire, calligraphier ou dessiner.

Appuyez le calamus sur un bouchon ou sur un petit bloc puis entammez le tube avec un angle de 45 degrés environ et donnez un mouvement circulaire à la lame pour tailler très en longueur.

Le plus difficile est fait …

Faites une deuxième taille longue avec un angle de 20 degrés d’un côté et lègèrement plus bas que la première entaille.

Recommencez symétriquement jusqu’à obtenir…

… cette double courbe dans le tube.

Fendez la pointe en deux parties à peu près égales.

Enfilez le calamus sur le manche d’un vieux pinceau…

…et coupez la plume au bout selon vos intentions. De biais pour calligraphier…

… ou sans plat, pour dessiner.

Votre plume est prête…

Encrez…

A vous de jouer !
Pansement
Comment réparer un pinceau

Si vous avez un pinceau dont la pointe est abîmée, vous pouvez lui faire un pansement.

Commencez par sucer la pointe pour voir comment il réagit à l’humidité.
Si vous voyez un léger mieux et qu’il tend à “refaire la pointe”, vous pouvez opérer. Sinon, prévenez la famille que tout espoir est inutile.

Commencez par charger la pointe de gouache peu diluée. Si tous les poils restent groupés, laissez prendre la gouache quelques minutes.
Lorsque la gouache est encore un peu souple mais ne part plus sur un chiffon, nettoyez à l’eau et au savon nature. (savon glycériné ou de Marseille)

Recommencez la même opération pour reconstituer cette fois la pointe impeccablement avec une gouache moins épaisse mais que vous laisserez sécher complètement avant de la nettoyer.
Ne cassez pas la pointe entre vos doigts tant que la gouache est dure.
Laissez ramollir la gouache dans de l’eau tiède, puis débarrassez la pointe de toute trace de gouache sous l’eau.

La pointe revient comme au premier jour.

Ceci ne marche qu’avec des pinceaux de bonne qualité.
Souvenez-vous : “Seuls les riches ont les moyens d’acheter bon marché”
Dessins à Faire
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A vos crayons !
Vous trouverez toujours des dessins à faire ou des exercices à votre disposition dans cette rubrique. Les modèles sont aussi des documents qui vous permettent des expériences supplémentaires.
Vous pouvez uploader votre dessin dans les galeries. Vos dessins seront vus par les autres membres et les tuteurs qui pourront, dans certains cas publier une correction s’ils jugent qu’elle peut être utile à tous. Mais cela n’est pas systématique.
Dessins à Faire et à conserver ou publier
DAF-209-1
Faites un dessin de paysage ou tout autre sujet végétal.
Réalisez-le entièrement au pinceau (sauf mise en place au crayon) et publiez-le dès qu’il vous aura procuré plaisir et satisfaction.
Dessins facultatifs à conserver
FAC-209-1
Vous pouvez faire autant de séries de traits de plume ou de pinceau qu’il vous plaira.
FAC-209-2
Faites un dégradé régulier au lavis.
Prochainement
Votre prochain module
L’étude des mains mérite qu’on lui consacre un certain temps.
Bien dessinées, les mains révèlent l’âge, le caractère ou les sentiments du modèle. Encore faut-il qu’elles soient crédibles.

All M.C. Escher works (c) 2008 The M.C:.Escher Company – The Netherlands
All rights reserved. Used by permission, www.mcescher.com
Matériel à prévoir
Voyez dans cette rubrique le matériel dont vous aurez besoin prochainement.
Ceci vous permet de vous organiser.
Pas de nouveau matériel
à prévoir dans les prochains jours…
Pour l’instant le matériel déjà en votre possession est suffisant pour les prochains modules. Veillez simplement à le renouveler et le garder en bon état. Vous serez prévenus dès qu’il faudra vous équiper de matériel supplémentaire mais vous aurez largement le temps de vous le procurer.
Correction
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Correction générique du DAF-113-1
“Dessiner les ciels”
Il est plus intéressant que les corrections soient visibles après que vous ayez eu le temps de finir votre DAF. Voilà pourquoi vous trouvez ici la correction d’un DAF antérieur.







L’audio ci-dessus évoque aussi le dessin situé au dessous de ce texte.

Conservez un double de vos images chez vous, c’est plus sûr !
Ne mettez ici que les images de vos DAF ou de vos FAC
Vous devez être connecté pour soumettre une image pour le concours. Connexion ouinscrivez-vous.
Conservez un double de vos images chez vous, c’est plus sûr !
Ne mettez ici que les dessins destinés à la Galerie des Membres.
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En principe vous trouvez ici tous vos dessins mis en galeries ou en attente de validation.
Il sont aussi accessibles dans une galerie plus confortable dans votre menu Espace Membre/Ma Galerie Perso
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Notez votre progression dans ce module
- Module parcouru rapidement
- Module vu en totalité
- DAF faits
- FAC faits
- Module à revoir
- Module bien assimilé
Vous pouvez changer vos choix à tout moment.
Une fois le module bien assimilé vous pourrez aller noter votre avancement ici







































































































































































Positionnez votre sujet avec quelques traits de mise en place. Surtout, contentez-vous de très peu de choses. Quelques lignes qui correspondent à ce que vous pourriez faire avec des ciseaux pour découper la feuille autour de votre sujet en quelques coupes droites uniquement. Ne créez des courbes dans cette phase que si le sujet l’impose. Donnez une inflexion aux lignes tout au plus.




























Voici un carré de la même taille mais basculé de 45 °. Les médiatrices sont aussi en rouge.































































































































































































































































































