Un joli trait
Ce qu'il vous faut
Pas de matériel supplémentaire
nécessaire aujourd’hui
Le petit doigt
Le petit doigt est vraiment sympa !

C’est un doigt très utile car il vous apporte une aide permanente et discrète. Il sert d’entretoise. C’est lui qui règle la distance entre le papier et le crayon. C’est lui qui autorise une pression plus ou moins forte sur la mine et qui donne une gradation variable au trait. Si vous dessinez une surface d’un gris égal, c’est lui qui vous permet de maintenir un ton constant.

Si vous faites des hachures, c’est grâce à lui que vous pouvez leur donner une épaisseur régulière.

Il n’y a pas qu’une manière de tenir son crayon.
La façon de tenir l’outil dans la main est importante car elle crée des rendus différents.

L'Observatoire
Ce qui “fait” le trait

Le trait dépend d’abord de l’outil que vous choisissez.
Lorsque vous ferez un croquis ou une petite étude, le choix du crayon ne sera pas la chose la plus importante. Mais, lorsque vous préparerez un dessin plus abouti, bien choisir l’outil est primordial car il vous donnera le genre de “trace”, donc de trait, que vous recherchez.
Il est tellement dommage d’avoir “gâché” un dessin à cause d’un outil mal adapté. Les démonstrations de ce module sont des exercices pour vous familiariser avec les outils que vous avez. Essayez de tous les imiter.
Mais le trait ne dépend pas que de l’outil. Voici pourquoi :
Une réunion à trois
Le trait dépend de l’outil, mais aussi du geste et du support.

Le trait dépend de l’outil que vous utilisez, mais pas uniquement
Des possibilités sans fin
Changez le geste et le trait varie, changez le support et il varie aussi. Ces trois éléments conjugués donnent une idée de l’ampleur des possibilités.

Imaginez que vous ayez 10 outils seulement dans votre boîte.
Supposez qu’il n’y ait que 4 façons de les tenir, que vous ne sachiez faire que 20 gestes différents et que vous n’ayez que 8 sortes de papier à votre disposition.
Vous pourriez obtenir 6400 résultats différents !
Etant donné qu’il n’en est rien, les possibilités sont plus proches de l’infini que de quelques milliers. C’est donc un monde, un univers même, à explorer.
Alors, le mieux c’est de commencer tout de suite, dans l’Atelier Découverte
Atelier Découverte
Comment choisir un support ?
Saurez-vous bien choisir votre support ? Correspondra-t-il à votre objectif ? Son grain, sa teinte vont-ils vous satisfaire ?

Pour prendre une bonne décision, il vous sera utile d’avoir essayé de nombreuses variantes, d’avoir acquis un peu de “métier”. Cela peut prendre un peu de temps bien que vous alliez être surpris de la rapidité de vos progrès. Alors en attendant, voici un truc pour faire des économies.
Comment éviter de dépenser une fortune
en papier à dessin ?
Les papiers teintés ou à grain particulier sont chers.

Commencez par utiliser du papier blanc ordinaire en ramette mais ne le prenez pas trop mince. Ne descendez pas en dessous de 80g/m2.
Récupérez en revanche tout ce qui vous tombe sous la main et qui peut devenir un support expérimental.

Les produits emballés, le courrier, les plaquettes publicitaires, les cartes de voeux regorgent de supports variés à récupérer. Vous pourrez dessiner dessus et collectionner les résultats les plus intéressants.
Vous vous procurerez des papiers plus luxueux pour vos dessins plus poussés dans quelques temps. Si vous voulez faire de grands croquis, il y a aussi une excellente source à laquelle vous n’aviez peut-être pas pensé.
Du papier totalement gratuit
Si vous avez la chance d’habiter près d’une grande ville, cherchez à connaître l’endroit où l’on imprime un journal local ou national. Les machines rotatives sont chargées avec d’énormes rouleaux de papier. Chaque jour, plusieurs rouleaux sont enlevés des machines avant d’être épuisés. Il reste alors sur le moyeu de quoi faire des centaines de croquis. Ces fins de rouleaux sont généralement donnés aux premiers qui les demandent.

Les imprimeurs ont aussi très souvent des restes de feuilles à plat dont ils ne demandent qu’à être débarrassés. Ces “plano” ou “in-plano” sur palettes sont destinés à une éventuelle fabrication supplémentaire. Conservées avant pliage, ce sont de grandes feuilles. Si la réédition n’est plus de mise, on peut souvent obtenir pour rien, avec quelques coups de massicot, des blocs de papier, prélevés dans les marges. Evitez tout de même les papiers glacés ou couchés sur lesquels on dessine péniblement.
Comment choisir son crayon ?

Il y a une incroyable variété de “crayons” dans le commerce. Deux types de crayons vont vous servir pour l’instant. Les crayons classiques et les crayons à grosse mine.

Ils existent en de nombreuses gradations, généralement repérées sur le fût par une inscription. Ces inscriptions correspondent à des “graisses” différentes. Un crayon dit “gras” trace plus noir car sa mine est plus tendre.

Un crayon plus “maigre” trace plus gris car sa mine est plus dure. Vous entendrez aussi parler de crayon “dur” ou “tendre”.
Crayon dur, crayon tendre
Selon les pays, la numérotation varie. En Europe les crayons gras portent le signe B , les maigres le signe H.

Cette grille est faite avec la gamme Daler-Rowney Graphic 12 pièces
Un numéro indique en plus la force. Plus le numéro est élevé plus la mine est grasse pour les B, plus elle est dure pour les H.
On trouve du 20B chez certains fabricants.
Il existe quelques gradations exceptionnelles comme le HB ou le F qui se situent à mi-chemin entre le dur et le tendre. Au-delà de 2H il devient difficile de donner des nuances.
Les crayons gradués en H servent essentiellement aux dessins de précision comme les dessins techniques. Vous pouvez également les utiliser sur des supports tels que le calque ou le Kodatrace pour y dessiner avec une possibilité de gommer parfaitement le trait, s’il n’a pas été trop appuyé.
Ne manquez pas le chapitre “Articulations”, passez ensuite à l’Atelier Pratique.
Articulations
Pour être maître de vos gestes,
contrôlez vos articulations
Prenez un crayon et taillez-le.
Tracez une série de petites diagonales comme ceci en posant votre main sur le papier. Vous avez fait travailler deux articulations.

Tracez maintenant des petits traits dans ce sens là. Vous avez fait travailler deux autres articulations.
Essayez maintenant ceci : vous avez été obligé de faire glisser votre main sur le support et votre poignet s’est mis en action.
Pour une courbe orientée comme ici, (courbe en “C”), le poignet du droitier est bien utile comme point de pivot.
Selon l’orientation de vos traits, vos articulations vous servent ou vous gênent.

Ici, (courbe en “D”) c’est une gêne évidente pour un droitier. La solution: Oublier votre poignet et laisser votre épaule se mettre en marche.
Dessinez plusieurs de ces deux courbes en forme de C puis en forme de D pour bien sentir la mise en action de vos articulations.

Voyez maintenant ce qui se passe si vous faites des traits plus longs et toujours légèrement incurvés. Cette fois c’est votre coude qui semble se mettre en mouvement. En réalité c’est votre bras, mais cela ne change pas grand-chose à la démonstration. Votre coude tourne sur la table et sert de point de pivot.
Essayez enfin ceci:

Vous le voyez, on peut pousser la chose jusqu’à utiliser tout le corps pour tracer un trait beaucoup plus long.
Vous voyez que ce n’est pas toujours votre main toute seule qui conduit votre crayon.
Pensez à débloquer le plus d’articulations possible. Dessinez au minimum avec le poignet, le plus possible avec le bras. Une main posée sur le papier doit vous servir, pas vous gêner. Essayez de prendre conscience des articulations que vous bloquez en dessinant et libérez-les à chaque fois que vous le pouvez.
Atelier Pratique
Essayez le plus de combinaisons possibles.
Observez d’abord puis lancez-vous, tracez, tracez.
Le trait peut être :


fin ou épais

dynamique

hésitant

pétouillé…

interrompu

Il peut varier en teinte

en épaisseur

ou les deux à la fois

être plein, ou délié
Il peut exprimer :
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le calme
ou au contraire….
la colère

ou encore la légèreté
Lorsque l’on associe plusieurs traits, les possibilités se multiplient
Ensemble, ils peuvent rendre une teinte ou une matière.



Cet écossais, ce bois ou ces bambous sont rendus par des traces dont l’orientation ou la teinte sont simplement modulées.

L’inclinaison du crayon permet de changer l’épaisseur du trait.

La modification de la pression change la teinte. Entrainez-vous.
Voici une variation faite d’un seul jet avec le même crayon en modifiant seulement la façon de le tenir.
Essayez de reproduire tous ces effets.

Remarque: Une mine présente des facettes.
Chaque facette donne un trait différent.
En faisant rouler le crayon dans ses doigts, on module le trait volontairement.
Dessins à Faire
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A vos crayons !
Vous trouverez toujours des dessins à faire ou des exercices à votre disposition dans cette rubrique. Les modèles sont aussi des documents qui vous permettent des expériences supplémentaires.
Vous pouvez uploader votre dessin dans les galeries. Vos dessins seront vus par les autres membres et les tuteurs qui pourront, dans certains cas publier une correction s’ils jugent qu’elle peut être utile à tous. Mais cela n’est pas systématique.
Dessins à Faire et à conserver ou publier
FAC-063-1
Réalisez une lettre ou plusieurs lettres choisies parmi celles-ci, en utilisant un crayon à grosse mine posée assez à plat. On doit sentir un geste direct et rapide. Essayez de respecter les pleins et les déliés mais sans ralentir le geste.

FAC-063-2
Sur une feuille A4, tracez des séries de 5 à 8 lignes courtes (2 à 3 cm) et parallèles. Faites-en au moins 10 séries.
FAC-063-3
Cette fois, à partir d’une surface déjà hachurée avec des lignes bien équidistantes passez de nouvelles hachures intercalées (entre les premières) et toujours parallèles. Faites-en au moins 10 séries.
Trucs de métier
Comment tirer un trait bien droit ?
Il est très courant de devoir faire un trait bien rectiligne. Si vous prenez une règle pour résoudre cette difficulté, le trait sera droit mais froid. Dans un dessin d’art cela ne passe pas. Il existe heureusement d’autres moyens de faire des traits longs et droits.
La règle inclinée

Tenue comme vous le voyez, elle vous sert de guide…

…mais laisse au trait une certaine imprécision qui lui conserve un aspect plus naturel.

Calez bien vos doigts de façon à ne permettre qu’un mouvement
de coulisse le long de la règle.
La feuille pliée ou découpée à la main.
Vous pouvez guider votre crayon sur le bord d’une feuille pliée ou découpée par un déchirage le long d’un pli.

Faites rouler votre crayon entre vos doigts tout en tirant la ligne pour lui donner un effet encore plus irrégulier.
La cible visuelle
Voici un autre moyen, plus simple à mettre en oeuvre, mais qui demande tout de même un peu de pratique. Essayez :
Placez un point discret n’importe où sur le feuille.

Posez la pointe de votre crayon à une certaine distance de ce point que vous ne quitterez pas des yeux. Tirez votre trait sans quitter des yeux le point cible. Votre trait passera aisément par le point que votre oeil aura fixé.
Prochainement
Votre prochain module
La perspective frontale
Le prochain module va vous apprendre à voir et à analyser vos premières scènes en perspective.

Impressionnante perspective parallèle de Johann Balzer
Vous commencerez à construire des volumes simples en perspective dite parallèle.
Matériel à prévoir
Voyez dans cette rubrique le matériel dont vous aurez besoin prochainement.
Ceci vous permet de vous organiser.
Pas de nouveau matériel
à prévoir dans les prochains jours…
Pour l’instant le matériel déjà en votre possession est suffisant pour les prochains modules. Veillez simplement à le renouveler et le garder en bon état. Vous serez prévenus dès qu’il faudra vous équiper de matériel supplémentaire mais vous aurez largement le temps de vous le procurer.
Correction
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Correction générique du DAF-40-1
“L’ombrage de la tête”
Il est plus intéressant que les corrections soient visibles après que vous ayez eu le temps de finir votre DAF. Voilà pourquoi vous trouvez ici la correction d’un DAF antérieur.







Conservez un double de vos images chez vous, c’est plus sûr !
Ne mettez ici que les images de vos DAF ou de vos FAC
Vous devez être connecté pour soumettre une image pour le concours. Connexion ouinscrivez-vous.
Conservez un double de vos images chez vous, c’est plus sûr !
Ne mettez ici que les dessins destinés à la Galerie des Membres.
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En principe vous trouvez ici tous vos dessins mis en galeries ou en attente de validation.
Il sont aussi accessibles dans une galerie plus confortable dans votre menu Espace Membre/Ma Galerie Perso
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Notez votre progression dans ce module
- Module parcouru rapidement
- Module vu en totalité
- DAF faits
- FAC faits
- Module à revoir
- Module bien assimilé
Vous pouvez changer vos choix à tout moment.
Une fois le module bien assimilé vous pourrez aller noter votre avancement ici






















Visipix.com- IAB










































































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Où que vous regardiez, vous “lancez” un rayon visuel dans une direction. Ce rayon va en ligne droite de votre œil jusqu’au centre de l’image qu’il perçoit. Le rayon visuel se déplace avec votre regard. On peut aussi faire cette comparaison: prenez un fusil imaginaire, alignez les repères de visée du canon entre votre œil et une cible. Tirez ! Le rayon visuel correspond au trajet de la balle. L’endroit où la balle atteint la cible porte un nom : c’est le point principal.
Votre vision est plus ou moins conique. En regardant dans une direction donnée, vous ne voyez que dans un champ de quelques dizaines de centimètres de large au premier plan. Par contre, votre champ visuel englobe des centaines de mètres au plan le plus lointain. Plus votre regard porte loin, plus votre champ s’élargit autour du point principal. C’est en très grande partie pour cette seule raison que la plupart des règles de perspective sont étroitement liées aux lois de l’optique
Cette esquisse, volontairement privée de détails, montre que la même déformation est perçue en regardant des objets orientés de manière différente dans l’espace. Ce dessin évoque aussi bien une voie ferrée qu’une échelle, telle qu’elle nous apparaît quand, la tenant à deux mains, on la dresse contre un mur en visant du regard l’échelon le plus haut. L’échelle est dressée, le chemin de fer, lui, est à plat, mais leur transposition en perspective est pratiquement identique. Retenez bien ceci : Ce n’est pas en fonction de la position d’un objet dans l’espace qu’il se déforme, mais en fonction de l’angle par lequel votre rayon visuel l’atteint.
Le plan d’horizon est un plan imaginaire, situé à hauteur de nos yeux, qui s’étendrait à l’infini. Il est représenté en rouge sur ces deux illustrations. Vous n’en verriez, bien sûr, que la tranche, donc une simple ligne horizontale qui s’étalerait sur 360°. Cette ligne se nomme la ligne d’horizon. 
Si vous vous transportiez maintenant avec ce disque imaginaire sur une côte au bord de mer. Vous verriez exactement ceci. Vous remarqueriez, j’imagine, que cette ligne coupe exactement le paysage entre le ciel et l’eau, se confondant avec ce que nous appelons habituellement l’horizon. Puisque nous faisons un travail d’imagination, il n’est pas question de s’arrêter là.
Grimpez maintenant sur le plus grand cocotier de l’île, et regardez si l’horizon naturel est passé sous le disque que vous portez toujours à hauteur de vos yeux. Vous constatez que non. L’horizon naturel, le plan d’horizon, la ligne d’horizon et votre regard montent ou descendent ensemble. Pour simplifier, vous retiendrez que, dans la réalité comme dans vos dessins, la ligne d’horizon est toujours située à hauteur des yeux du spectateur.
Vous pourriez constater la même chose sur une photographie. L’horizon monte avec l’appareil photo. Voici deux images de la même scène.
La première image est vue par un spectateur (vous), dont les yeux se situent à la même hauteur que ceux du personnage de droite. Votre plan d’horizon et le sien sont donc confondus.
La seconde image place l’observateur ( toujours vous) plus haut que dans la précédente. Cette fois, vos yeux sont à la hauteur de ceux du personnage le plus élevé. Le plan d’horizon se confond toujours avec l’horizon naturel, qui semble être monté en même temps que vous. Mais… attention !
Le plan d’horizon du dessinateur, est lié à son point de vue et détermine la hauteur de l’horizon naturel. Si d’autres personnages sont situés plus bas ou plus haut, ils voient l’horizon plus haut ou plus bas. En choisissant la hauteur de l’horizon dans un dessin, vous imposez un point de vue à toute personne qui le regardera. Ce choix mettra votre “invité” dans une situation dominante ou non par rapport au sujet.




On peut également conclure que la ligne verticale qui passe par ce même point détermine avec certitude le point de vue. Ici le spectateur est légèrement à droite du canal…mais en bateau !


















Dessinez dessus, à gauche, un homme de face en suivant l’Atelier Pratique avec des proportions moyennes. Au centre, dessinez-en un autre plus athlétique ou plus gros ou encore plus maigre. A droite, reportez votre personnage central et remplissez-le à l’encre noire pour en faire une silhouette.
Et voici maintenant une petite vidéo complémentaire…
L’artisan paysagiste invente et assemble les plantes et les essences pour créer un univers différent dans chaque jardin. Le dessinateur jouit de cette même liberté d’inventer et de composer sa propre création dans cette branche extraordinaire qu’est le paysage. Dessiner le paysage, c’est dessiner la nature ou la revisiter comme bon vous semble. Mais c’est aussi comprendre et assimiler ses principes, sentir ses rythmes et rendre ses proportions. Se lancer dans le dessin d’un paysage, c’est partir à la découverte d’une énorme matière, riche et subtile. C’est accepter d’imiter les principes de la nature qui joue tour à tour sur sa force et sur son charme.
Les peintres, eux, ne pouvaient pas faire une longue série de séances en extérieur. Leur matériel étant nettement moins portable et réduit que celui du dessinateur, ils avaient plutôt recours à la pochade, une sorte de prise de note assez rapide en extérieur. Rentrés à l’atelier, ils réalisaient leur travail uniquement d’après leur pochade et leurs notes prises en pleine nature. Ces notes et ce qu’ils avaient retenu de mémoire portaient sur les formes, les contrastes et la couleur.
Vous arrivez au tournant de cette route avec votre chevalet de campagne, vous le sortez et vous faites une ébauche de votre paysage. En fin de journée vous pliez tout, en jurant bien de revenir finir le lendemain.
Les jours qui se suivent ne se ressemblent pas. Si, le lendemain, le soleil s’est voilé, si le vent s’est levé, si l’épaisseur des nuages a changé, la lumière sur le sujet n’a plus l’intérêt de la veille…. L’ensemble se modifie tellement que votre composition risque de devenir incohérente. Vous risquez un résultat qui serait une moyenne sans logique. Regardez ces deux autres vues juxtaposées, prises à 24 heures d’intervalle. Celle du haut présente un intérêt visuel. Le paysage baigne dans une lumière caractéristique de cet endroit à un moment précis.
Celle du bas n’a rien à voir. Les formes sont peu lisibles. Vous vous attacherez donc plutôt à trouver un effet de lumière comme celui du dessus. On trouve ces effets le matin tôt ou le soir un peu tard, quand le soleil est bas.
Il suffit de convertir l’image en niveaux de gris pour réaliser la différence importante qu’on aurait sur un dessin. Mais ceci n’est pas le début. Il faut commencer par choisir un endroit satisfaisant.
Le travail est déjà fait en amont par le photographe, même si c’est vous. Ensuite, les détails sont généralement si petits qu’ils vous feront défaut pour mener à bien votre objectif. La photo couleur vous volera certainement les subtiles nuances que le paysage offrait à l’origine. Même si les teintes ou les lumières sont agréables sur la photo, vous perdez tout l’attrait de pouvoir sélectionner vous-même ce qui sera le centre d’intérêt de votre dessin. Rien ne remplace la vue réelle d’un endroit pour le dessiner.
Les photos sont très utiles mais pour une toute autre raison qui est purement documentaire. L’intérêt de la pochade, réalisée sur le motif, donc sur place, c’est de fixer une émotion colorée. En dessinant dans la nature, vous traduirez les couleurs en valeurs ce qui, dans peu de temps, vous permettra, comme au peintre de pochade, de fixer sentiment et émotion. Si tout ceci vous semble cohérent, lisez maintenant dans l’Atelier Pratique la manière dont je vous conseille de procéder…
Dites-vous bien que vous percevez les bruits, les parfums, la température, la légèreté de l’air et toute une série de sensations qui ne seront pas réellement présentes pour votre destinataire. Mais dites-vous également que vous voulez faire passer une grande partie de ce qui se ressent face à la nature, sans vraiment pouvoir se formuler. Pratiquement tout ce qui est impalpable autour de vous peut se rendre dans un dessin. Il faut seulement s’organiser.
Pour tout compliquer, votre feuille est limitée à une certaine surface, alors que votre vision n’a pas de cadre précis. Votre champ de vision est également plus étroit que le paysage dans lequel vous évoluez. Où que vous dirigiez votre regard, il y a une partie que vous ne voyez pas mais que vous percevez. Une partie floue en quelque sorte. Vous avez regardé à droite et à gauche et votre cerveau s’est composé une impression venant de l’ensemble du lieu. Voici donc la première question à vous poser: Si je dessine ce qui est devant moi et qui correspond à un angle de vue unique, est-ce que cela rendra ce que je ressens quand je suis enveloppé par cette nature ? La réponse ne sera pas souvent oui. Une expérience autour de cette idée vous est proposée dans le chapitre “dessins à faire”.



































Autoportrait
























































































« Etant donné que pour ce premier module je vous demande de dessiner 
