Apprendre à Dessiner

Module 13 Les canons

Les Canons

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Les canons

A chacun son canon !

L’étude du corps humain est encore plus passionnante que l’étude de la tête. Plus captivante certes, mais plus complexe, car, si l’étude du visage mène aux différentes expressions, l’étude du corps humain mène, elle, aux attitudes et aux mouvements.

Pour découvrir les proportions du corps, le dessinateur s’appuie sur des canons. Un canon n’est pas un modèle aux dimensions absolues mais un relevé de proportions généralement constatées sur un grand échantillon de personnes. Ces canons ont beaucoup évolué avec le temps.

C’est donc un ensemble de relations faites entre diverses mesures comme celles qu’on pourrait établir entre la longueur d’une main et celle du bras, ou entre la hauteur d’une tête et celle de la jambe. Il en ressort une grille, pouvant servir de référence. Cette grille a pris le nom de canon.

Un canon indique encore la position idéale d’une articulation ou d’un détail anatomique. On relèvera sur la grille choisie que le nombril se trouve au tiers ou à la moitié de la hauteur du bras, ou deux têtes au-dessus des genoux et ainsi de suite. Le canon définit donc un rapport de proportions idéalement établi pour représenter tel ou tel type de personnages.

On commence généralement par étudier un canon réaliste et idéal. Un idéal à nos yeux, valable à un moment précis, puisque l’idée de l’esthétique évolue avec les siècles et les courants de pensée. Les canons sont toutefois bien utiles à qui sait s’en servir.

A quoi servent les canons ?

Les canons permettent de contrôler non seulement que les personnages que nous dessinons seront agréables à regarder, mais aussi qu’ils fonctionneront bien par la position cohérente des articulations. Ils permettent aussi d’accentuer le caractère réel ou imaginaire de nos personnages.

Les meilleurs canons sont basés sur une seule mesure qui sert de référence et qu’on reporte x fois pour construire son dessin. Cette référence sera le module du canon choisi.

Les divers canons

On compte bon nombre de canons tout au long d’un parcours de plusieurs siècles d’histoire de l’art. Le plus ancien qui nous soit connu est le canon égyptien.

Le canon égyptien

On en connaît l’existence par une représentation trouvée sur un bas-relief sur lequel on s’étonnera de constater que le module de référence choisi soit la longueur du médius en huitième division (repérée par trois points gris).

Ce module peut y être reporté un peu moins de 22 fois dans la hauteur ce qui détermine 21 zones, plus un petit supplément. (1/3 de longueur de médius).

Quelques unes seulement des lignes que vous voyez sont de bons points de repère.
Le haut de la 11ème zone vient juste donner la hauteur du nombril, le haut de la 17ème passe juste sous le nez.
Mais regardez la 3ème zone en partant du bas. A quoi peut-on la rattacher ? A rien de précis, c’est pourquoi ce canon est peu commode et vous aurez tout intérêt à faire un autre choix.

Le module choisi pour ce canon égyptien se retrouve 19 fois dans la hauteur du corps lui-même, plus deux fois et un tiers pour inclure la coiffure. L’intégration de la coiffure dans cette grille semble d’ailleurs une anomalie de logique.

Et si ce bas-relief n’était pas un canon ?

On pourrait imaginer que cette référence ait servi à des architectes pour faire des portes sous lesquelles on serait passé coiffé !  Aux ouvriers des services funèbres de l’époque pour faire les sépultures appropriées.

Pourtant, il y a une chose très curieuse qui ne va pas dans ce sens.
Ce canon a visiblement été adopté ensuite par les Grecs, puisqu’on retrouve, à 2 millimètres près, ces 19 hauteurs du médius dans le célèbre « doryphore » qui, lui, était nu-tête.

Le Doryphore de Polyclète comparé au canon égyptien

Le canon grec

Puisque le Doryphore de Polyclète est, semble-t-il, composé sur le même canon, il n’est donc pas mieux adapté pour dessiner, même si chacun peut admirer la perfection de cette réalisation en marbre.
Voilà un très beau sujet à recopier pour bien s’imprégner des proportions.

Il semble se confirmer que cette magnifique sculpture dans le marbre soit l’illustration en trois dimensions d’un traité des proportions émis par Polyclète.

D’autres canons ont vu le jour, plus ou moins fantaisistes. Et si certains sont extrêmement précis, d’autres aident peu le dessinateur.

Un rapide tour d’horizon s’impose.

Le canon de Vitruve

Vitruve, qui vivait au 1er siècle avant JC, a fait connaître le premier ce canon s’inscrivant dans un carré. Un canon dont le modèle possède une envergure visiblement excessive, des pieds et des mains démesurés, mais l’idée du canon faisait son chemin…

Cette découverte se poursuivra dans un prochain module consacré aux proportions du corps humain.

Un bon canon pour nous

Le bon canon est, par définition, celui que vous pouvez retenir facilement.

Voici celui qui, sans être parfait, vous fera faire le plus vite des progrès et vous permettra de construire des personnages bien proportionnés.

Choisissez une hauteur aléatoire qui sera celle de votre personnage debout.

Tracez une ligne à mi-hauteur qui sera la position exacte de l’entrejambe.

Divisez en deux la moitié du bas et en trois la moitié du haut.

Voici cette même grille mais réalisée avec précision.

Vous retrouvez cette planche à imprimer dans le chapitre Dessin à Faire

Commencez par la première division. Faites-y entrer la tête et le cou, jusqu’au début des épaules ou de la saillie externe des clavicules.

Dans la portion suivante, faites entrer le buste jusqu’à la taille.

La troisième va de la taille au pubis, au milieu exact de la grille. Si les bras sont le long du corps, les poignets sont alignés sur cette même ligne qui divise la hauteur en deux. La main se trouve du coup située dans la moitié inférieure de la grille.

Les deux parties égales de la moitié inférieure vont recevoir les jambes sachant que la division située à mi-hauteur passe juste en dessous des genoux.

Voici pour les cuisses et les genoux.

Et enfin les mollets et les pieds.
Ce canon, sans être le plus élaboré, est idéal au début, car il est vraiment facile à mémoriser.

Pour vous en souvenir, retenez tout simplement …

pour les divisions :
3 tiers + 2 demis
ou 3 sur 2
ou encore 3 et 2

et pour les points de repère retenez:  clavicules, taille, pubis, genoux !

Voilà tout ce qu’il faut pour bien débuter. Cette division n’est pas tout à fait pro, mais elle vous donnera de bons résultats au début. Vous pourrez toujours vous intéresser aux canons plus complexes et les adopter un peu plus tard, s’ils vous conviennent.

Vous remarquerez que ce canon vous propose de travailler sur des hauteurs, mais ne précise rien sur les largeurs. Alors comment fait-on pour placer les proportions exactes en largeur ?

Il existe aussi des relations entre les hauteurs et les largeurs des éléments du corps humain.

Mais on arrive très vite à un traité d’anatomie qui devient impratiquable.

L’idée qui suit est de vous montrer comment on peut représenter deux autres types physiques tout en respectant les proportions de ce canon simplifié.

Reprenez votre grille et recopiez la tête de part et d’autre en modifiant par exemple légèrement la largeur de la tête comme à droite.

Recommencez avec le torse en élargissant les épaules du canon de droite légèrement et plus fortement sur celui de gauche.

Dans la division suivante, faites l’inverse: dessinez l’abdomen plus large à droite qu’à gauche.

Exagérez de la même manière la largeur du bassin et des cuisses à droite, pas à gauche.

Faites enfin des mollets plus épais à droite, rien à gauche.

Vous venez d’obtenir deux individus proportionnés correctement mais de types différents. Athlétique à gauche, grassouillet à droite.

Il y a encore beaucoup à découvrir sur les canons. Vous n’en resterez pas à ce canon un peu trop simplifié si vous voulez passer à un niveau supérieur. Mais conservez-le dans un coin de votre mémoire car, neuf fois sur dix, il sera amplement suffisant.

Un prochain module sera encore centré sur les canons et quelques-unes de leurs subtilités. Le canon féminin sera abordé aussi lorsque vous aurez pu déjà vous faire la main sur celui-ci.

Un canon recto verso

Ce canon est dû à Henry Frowde vers 1896. C’est un des premiers qui a utilisé la même grille pour représenter le corps humain en deux moitiés, l’une de face, l’autre de dos. Quelle économie !

A vos crayons !

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Dessins à Faire et à conserver ou publier

DAF-93-1

Prenez la grille à 3 places à télécharger en cliquant ci-dessus ou dans l’onglet Documents et imprimez-la. Dessinez dessus, à gauche, un homme de face en suivant l’Atelier Pratique avec des proportions moyennes. Au centre, dessinez-en un autre plus athlétique ou plus gros ou encore plus maigre. A droite, reportez votre personnage central et remplissez-le à l’encre noire pour en faire une silhouette.

Dessins facultatifs à conserver

FAC-93-1

Faites 3 grilles de canon, mais cette fois-ci sans le cadre extérieur. Faites-les de 3 hauteurs différentes. Alignez les 3 bases comme sur la ligne rouge de cette vignette explicative.  Dessinez-y trois personnages (hommes) de votre choix mais de même stature. Que constatez-vous ?

FAC-93-2
Vous pouvez imprimer et observer ou même recopier les deux canons recto-verso présentés dans les curiosités.

Cliquez pour télécharger le document imprimable




 

 

 

Votre prochain module

Votre carnet de croquis sous le bras, vous voilà parti à la recherche d’un paysage à dessiner.
Etes-vous sûr de savoir choisir le meilleur point de vue, trouver une mise en page intéressante, rendre la lumière qui vous a séduit ?

“Car en vérité, l’art est dans la nature; il est à celui qui sait l’en extraire”

Albrecht Dürer

à prévoir dans les prochains jours

vous pouvez cliquer sur cette image pour voir le produit
 

Pâte à modeler FIMO

environ 150g ou un équivalent …
La pâte FIMO peut être cuite dans un four ménager de cuisine.
Si vous vouliez garder votre travail, c’est peut être une bonne idée. Sinon une simple pâte à modeler pour enfants est parfaitement utilisable.

Prenez de préférence une couleur claire type chair comme celles-ci :

Attention les références peuvent changer, vérifiez-les avant de commander.

Correction générique du DAF-54-1
“L’oeil objectif”

Il est plus intéressant que les corrections soient visibles après que vous ayez eu le temps de finir votre DAF. Voilà pourquoi vous trouvez ici la correction d’un DAF antérieur.

Voici en rouge les fuyantes se rejoignant au point de fuite.

En vert les verticales, en orange les horizontales réelles ne fuyant pas, en bleu la ligne d’horizon.

Et voici construites à partir du point de fuite les lignes qui suivent
les arêtes invisibles de ces boîtes en carton.

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Module 68 : Encore des ombres portées

Encore des ombres portées

Voici le matériel nécessaire pour profiter pleinement de ce module :

Pas de matériel supplémentaire
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Résumé rapide des notions déjà vues

Je vais essayer de résumer maintenant ce que vous avez déjà rencontré et de faire un petit classement qui va faciliter votre vie de dessinateur d’ombres.

L’éclairage artificiel génère un faisceau lumineux rayonnant.

La lumière naturelle projette des rayons lumineux parallèles.

Toutefois dans un dessin, une fois établie la position du soleil ou de la source de lumière, le tracé des rayons convergera vers ce point car ils subissent les lois de la perspective.

La position du soleil peut être très variée mais elle se range pour le dessinateur dans trois catégories :

Quand le soleil fait face au spectateur (contre-jour)

Quand le soleil est dos au spectateur (éclairage frontal ou de biais)

Quand le soleil est exactement sur le côté (droite ou gauche)

Voici trois sphères sur un plan sans aucun éclairage particulier.

Si vous regardez ce plan par son petit côté, le soleil éclaire la scène complètement de la droite, à 90° de votre rayon visuel. C’est le cas le plus simple. Imaginez qu’une équerre soit posée sur le sol. L’une de ses deux pointes serait l’emplacement du soleil si l’autre pointait sur votre sphère.

Si le soleil est derrière vous, vous ne le voyez pas. L’ombre se développe sur le sol derrière l’objet éclairé. C’est le cas du soleil dans le dos.

Si le soleil est face à vous, l’ombre se développe entre l’objet et vous. C’est le cas du soleil de face, en contre-jour.

Dans les trois cas, le soleil peut être n’importe où entre le zénith et l’horizon sans que cela ne sorte de l’une de ces trois catégories.

Peut-on comparer les ombres produites par un éclairage artificiel à celles que génère l’éclairage naturel ?

La spécificité des éclairages naturels tient à plusieurs facteurs.
Tout d’abord la lumière naturelle est très puissante, ensuite elle est généralement la source unique qui éclaire votre sujet.

Il existe diverses unités de mesure de luminosité, mais pour vous donner un ordre d’idée, retenez que si une pièce est dotée d’un éclairage de puissance ordinaire, elle sera 500 fois moins éclairée que si elle n’avait pas de plafond et qu’on y laisse entrer les rayons du soleil.
Il est impossible de restituer cette différence dans un dessin mais on peut faire un autre cheminement que voici pour en donner l’illusion.

Si un sujet est éclairé fortement par le soleil, les ombres sont très noires et les lumières sont très blanches.

Si l’éclairage du jour est diffus, la gamme de valeurs est moins étendue et les ombres sont plus floues.

On peut exprimer d’autres éclairages en dessin

En assombrissant toute la gamme de valeurs de votre sujet et en conservant des ombres assez nettes, vous donnerez l’impression que l’éclairage est artificiel et un peu éloigné.

Si vous remontez légèrement dans la gamme du côté clair, l’impression sera un éclairage artificiel dont la source est plus rapprochée de votre sujet.

En descendant dans la gamme du côté foncé sans trop l’étendre du côté clair tout en conservant des teintes intermédiaires, vous évoquerez la lumière d’une bougie.

Enfin si, dans une gamme plus contrastée, vous réduisez les nuances du côté à l’ombre, vous créerez un effet de lumière à faible rayonnement comme celle d’un feu de camp.

Lorsque les sources d’éclairages augmentent en nombre, les ombres se multiplient. Chacune de ces ombres possède sa forme propre et sa direction.

Il est fréquent que les ombres de sources multiples se chevauchent. Pour être exact les ombres ne se superposent pas puisqu’elles sont l’absence de lumière et que l’idée de deux ombres l’une sur l’autre est aussi absurde que celle d’un trou qui en contiendrait un autre.

En revanche une ombre peut parfaitement être éclairée. Dans ce cas, elle diminue d’intensité.

En volume, cette fois…


Revenez maintenant au panneau de départ en vue frontale et complétez-le par d’autres faces pour le transformer en cube.


Puisque la vue est frontale, le cube aura une face qui ne subira pas de déformation de perspective. Toutes les autres faces subiront une déformation et leurs arêtes convergeront vers le point de fuite.


Dans ce dessin, j’ai éliminé  les lignes de construction du cube à l’exception de celles qui donnent une impression de transparence et qui vont servir à placer d’autres points ou d’autres lignes de construction.

J’ai aussi l’habitude de laisser une ligne fuyante qui me rappelle que les faces du cube fuient vers ce point. Ce genre de précaution est fort utile dès que le dessin devient un peu complexe et fourni.
Recherchez le point de fuite des ombres comme vous l’avez déjà fait plusieurs fois.

Tracez les rayons qui partent de la source de lumière et passent par les coins de la face supérieure du cube.

Avez-vous remarqué ceci : étant donné la position de la lumière, il est inutile de tracer les quatre lignes car le coin le plus à droite se projettera au centre de l’ombre et ne sert donc à rien.

C’est par habitude que je vois cela mais si je n’en étais pas certain, j’aurais tracé le quatrième rayon pour m’apercevoir plus tard de son inutilité. Rien de grave si vous en faites trop. C’est une manière comme une autre de vérifier que tout est juste.


Tracez maintenant les droites qui passent par les coins du cube sur le sol et se rejoignent au point de fuite des ombres.

Attention, la ligne du milieu passe par l’angle inférieur gauche du cube. Sous cet angle, on croirait presque qu’elle passe par la diagonale de la face posée sur le sol. C’est un simple hasard.

Placez des points (en rouge) pour repérer l’intersection des rayons lumineux et des fuyantes des ombres.
Vous pouvez vérifier la construction en reliant (ligne pointillée) le point rouge le plus à gauche au point de fuite. La ligne passe par l’autre point rouge.


L’arête la plus haute de la face du cube située devant vous projette une ombre rectiligne et parallèle à l’horizon. Si la construction est juste elle passe par les deux points rouges les plus bas du dessin.

Tracez cette ligne qui vous prouve également que votre construction est juste mais reconnaissez-vous que vous auriez pu vous contenter d’un seul rayon lumineux pour faire toute la construction ?
Avez-vous vu lequel ?

Celui le plus à gauche fait l’affaire car il suffit de tracer une horizontale partant à droite et une fuyante vers le point de fuite principal pour couper les lignes de fuite des ombres et connaître la forme finale de l’ombre.
Croyez-vous que cela aurait été possible avec d’autres points ?

Je vous invite à un match

La lumière qui émane de toute source lumineuse rayonne. Chaque particule de lumière se dirige en ligne droite vers l’extérieur de la source. Dans ce sens, il n’y a pas de différence entre les rayons solaires et ceux d’une ampoule électrique.

Mais la distance qui nous sépare du soleil est si grande et notre planète si petite que les rayons qui nous atteignent sont, pour ainsi dire, parallèles. Mathématiquement non, mais en pratique la différence d’angle est si faible qu’elle n’a aucune incidence sur la représentation qu’on peut en faire.

L’illustration ci-dessus est très approximative car, pour respecter les véritables proportions, le soleil représenté ici devrait faire environ 9 fois sa taille actuelle et se situer à une distance de notre petite planète bleue 400 fois supérieure à celle que vous avez sous les yeux. Divisez l’angle que vous voyez entre ces deux rayons par le chiffre faramineux de 15 millions et vous aurez l’angle exact que vous pourriez mesurer entre deux rayons du soleil qui éclairent deux poteaux espacés d’un mètre.

Sous une lumière solaire, représentez donc toujours les ombres en fonction de cette réalité, c’est-à-dire projetées sur des axes parallèles entre eux.

Comme toutes les parallèles réelles, elles subiront des déformations avec l’éloignement et le point de vue. Vous les mettrez en perspective en utilisant la méthode appropriée qui vous fera gagner du temps. Ces méthodes sont détaillées dans les chapitres suivants.

Vu d’en haut, on peut très facilement différencier la lumière artificielle de la lumière naturelle. Les ombres portées par les objets exposés au soleil sont parfaitement parallèles. 

Cette illustration montre en schéma la disposition en plein soleil des ombres portées par des immeubles de hauteurs variées.

Celle-ci montre la même scène, éclairée par un immense réverbère au centre. Les ombres des lumières artificielles, elles, sont rayonnantes.

Début de la partie

Revoyez avec moi les principes plus en détail en suivant ce match qui commence en fin de journée quand le soleil est bas.

Voici ce que donne une photo aérienne prise d’un hélicoptère, en tout début de partie, au moment où les joueurs entourent le ballon. Leurs ombres sont bien parallèles.

Une autre photo a été prise par un photographe amateur, en bas des gradins, qui saisit le même instant. Il a pris soin de se mettre dos au soleil comme on le recommande toujours aux photographes occasionnels. Les ombres qui sont bien parallèles vues du ciel convergent maintenant vers un point de fuite situé sur l’horizon.

Un troisième photographe, lui, assis dans les gradins, se voit contraint de faire une photo à contre-jour. Etant situé dans une tribune, il voit cette scène légèrement d’en haut mais, grâce à son téléobjectif, il arrive à cadrer le groupe assez serré. Les ombres sont convergentes vers l’horizon. C’est un effet de perspective qui vous est connu : des lignes parallèles au rayon visuel convergent vers un point situé à l’horizon.

A la fin du match, la nuit était tombée, les joueurs ont allumé un feu de Bengale et ont formé un cercle autour. Les ombres, cette fois, rayonnent dans toutes les directions, créant des ombres dans le dos de chaque joueur. Ces ombres s’étendent pratiquement à l’infini puisqu’elles sont projetées par des rayons presque horizontaux étant donné la faible hauteur de la source lumineuse posée à peine au-dessus du sol.

Une fois le feu entièrement consumé, les organisateurs ont rallumé un projecteur situé en plein centre de la pelouse, à une dizaine de mètres au-dessus des joueurs. Cette fois les ombres sont beaucoup plus courtes puisque la source de lumière est plus haute. Elles rayonnent toujours dans le dos de chaque joueur et prennent cette forme trapézoïdale caractéristique des ombres en éclairage artificiel.

Dans les minutes qui suivent, les machinistes ont rallumé les projecteurs situés aux quatre coins du terrain. Comme vous le voyez, les ombres deviennent confuses. Mais ce qui est remarquable, c’est l’impression de transparence des ombres. Elles semblent ne plus couvrir la pelouse de leur teinte opaque et sombre.

Transparence

Les ombres seraient-elles transparentes ?

Oui disent les uns, non répondent les autres, chacun ayant des arguments pour appuyer leur théorie.
C’est un débat qui fait beaucoup parler ou réfléchir les artistes.

Pour ma part je vous recommande de prendre le problème comme ceci.
Est-ce important pour votre dessin de savoir si l’ombre est transparente ?

N’est-ce pas plus important de décider si vous voulez laisser transparaître le “blanc” du papier dans l’ombre que vous rendrez. Vos raisons peuvent être le fruit de l’observation mais vous pouvez aussi décider de tricher pour rendre un effet particulier comme le font très souvent les photographes.

Dès qu’une source éclaire un solide opaque, il existe une zone privée de rayons lumineux. Dès que cette zone atteint une autre surface, il y a naissance d’une ombre portée.

Si aucun autre éclairage, ni direct, ni réfléchi, ne vient atteindre cette ombre, elle est totalement noire d’aspect, qu’elle soit objectivement transparente ou non.

Une source supplémentaire, ou la source d’origine par ricochet, peuvent atteindre l’ombre. Cela revient à éclairer l’ombre portée sur le plan privé de rayons lumineux par un autre chemin.

Si la puissance et la couleur de l’éclairage dirigé vers l’ombre et celui qui produit l’ombre initiale sont identiques il s’ensuit un gommage de l’ombre qui, du coup, disparaît. Entre les deux, elle peut être simplement atténuée comme sur cette photographie où la lumière a été uniquement réfléchie par un panneau clair.

C’est une pratique courante en prise de vue photo ou cinéma.
La source qui sert à gommer donnera non seulement des ombres plus ou moins marquées mais rehaussera la lisibilité des formes du côté à l’ombre (ici en bas). L’impression optique qui en découle reste peut-être un artifice mais cela rendra une impression générale beaucoup plus délicate.

Notre concernant les ombres chinoises

Les ombres chinoises peuvent sembler une occupation bien enfantine.
Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous en propose de nouveau dans les curiosités. Personnellement je me suis laissé emporter durant des heures dans ma chambre d’enfant à essayer de faire de belles ombres chinoises. J’en ai retiré deux choses :

1- je n’étais pas destiné à une carrière sur scène car j’ai toujours eu beaucoup de mal à refaire les mêmes ombres plusieurs fois. En revanche quand j’en tenais une, une histoire commençait aussitôt.

2- l’ombre chinoise exerce l’œil avant, cette faculté de voir avant de voir. C’est une excellente manière d’aiguiser son sens de la forme. Vous ne perdrez jamais votre temps à essayer durant quelques instants d’inventer un animal supplémentaire ou dérivé des modèles proposés.

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Dessins à Faire et à conserver ou publier

DAF-238-1
Ce DAF est totalement libre. A vous de vous habituer à exploiter de nouvelles notions dans une réalisation personnelle. Ce module s’y prête, vous laissant une totale liberté.

Votre prochain module

Il n’y a pas de prochain module prévu dans ce niveau mais vous pouvez vous initier au sight-size dès maintenant.

 
 

Il n’y a pas de corrections actuellement en attendant que vous mettiez des dessins dans les galeries.

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Module 02 Que faut-il pour dessiner ?

Que faut-il pour dessiner ?

« Chaque module de ce cours de dessin comprend  diverses parties que je vous recommande de découvrir dans l’ordre où elles sont proposées. Chaque partie se déroule lorsque l’on clique sur le bandeau qui porte son titre. »

 

Vous avez ouvert ce chapitre. Il se referme de la même manière au clic suivant …

Ne manquez aucun chapitre. Ouvrez-les les uns après les autres. Ne brûlez pas les étapes, votre succès en dépend.

Débarrassez-vous de ce qui ne sert à rien

Il m’a toujours paru extraordinaire que l’on puisse s’interroger en premier lieu sur le matériel nécessaire pour dessiner.

Croyez-vous sincèrement que le dessin soit une question de matériel ?

Croyez-vous qu’un artiste talentueux soit en difficulté s’il n’a qu’un crayon et une feuille de papier ordinaire ?

Je comprends, malgré tout, que vous cherchiez à éviter des erreurs, lors de l’achat de votre premier matériel de dessin. C’est la raison pour laquelle ce module trouve malgré tout sa place ici. Vous verrez aussi que peu de choses suffisent. Nous allons améliorer ensemble votre vision avant de se soucier de votre matériel.

J’aimerais que vous réalisiez une chose essentielle. Il faut chasser une idée qui pourtant semble intuitivement logique.

Le matériel ne fait pas l’artiste, ne vous laissez pas aller à acheter des produits inutiles en pensant que cela va vous aider. Si vous avez déjà beaucoup de matériel, rangez-le temporairement.

Ce n’est pas le crayon qui fait l’œuvre, c’est le regard et la dextérité de celui qui le manipule.

Pour vous en convaincre, je vais vous raconter un évènement qui a eu une très grande influence dans tous mes choix artistiques.

Vous découvrirez ce récit dans la rubrique « L’Observatoire ». Auparavant, voyez ci-dessous comment vous organiser.

Dans la rubrique « Matériel à Prévoir » vous trouverez les outils et le matériel nécessaires pour les modules suivants. Si ce que vous avez déjà convient pour le module suivant, vous penserez toutefois à vous réapprovisionner afin de ne pas manquer de matériel. Les crayons s’usent quand on les taille et les gommes se réduisent à vue d’oeil, particulièrement au début.

Ainsi, vous vous organiserez à l’avance pour acheter ce qu’il vous faut.

Il est possible de suivre ce cours avec pratiquement rien, mais qui ne rêve de tester de nouveaux outils, d’autres papiers, des encres, des plumes, et tant de choses encore. Vous trouverez des options dans certains modules permettant des choix et la possibilité de vous essayer à différentes techniques.
Vous aurez cependant uniquement besoin de ce qui suit
pour commencer :

Découvrez le matériel nécessaire

LE KIT de DEPART MINIMALISTE

Le crayon noir classique

Deux crayons faits pour le dessin :

1 crayon HB et 1 crayon 2B

Il y a des crayons ayant un fût hexagonal d’autres ont un fût cylindrique. Essayez les deux, vous verrez si vous préférez l’un ou l’autre. C’est exclusivement une question de confort dans la main. Petite coquetterie ou bonne idée, les fûts cylindriques sont plus souvent choisis par les artistes, vous pourrez facilement les identifier et donc les récupérer quand ils auront atterri dans le pot à crayon d’un autre membre de la famille.


 

Les crayons permettent un trait plus ou moins intense. L’intensité du noir est repérée sur le corps avec un code de gradation. Mais en réalité ces gradations sont plus subtiles qu’il n’y paraît au premier coup d’oeil. Il est prématuré de vous compliquer avec ces questions de valeur, de tendreté ou de brillance. Prenez un HB et un 2B comme indiqué plus haut.

1 bloc de papier à dessin

Il existe des blocs à tous les prix. En général les plus chers sont les meilleurs dans les marques connues telles que Canson par exemple. Mais restez raisonnable dans vos dépenses car il ne faut pas avoir peur de consommer du papier, surtout au début.

C’est pour cette raison que vous avez une solution beaucoup plus économique…

La ramette de 500 feuilles de papier blanc pour le bureau.

C’est une excellente solution pour débuter.

Ayez aussi une gomme de bonne qualité.
Pourquoi ? Pour ne pas cumuler vos éventuelles difficultés, si vous débutez, et les traces désagréables que laissent les gommes de mauvaise qualité.

Plus une gomme est tendre, plus elle gommera proprement.
Taillez-la avec un cutter pour la garder propre ou bien frottez-la sur un morceau de bois blanc brut.

Gardez les petits morceaux pour des gommages précis et délicats.

Pour vous donner une idée de la fermeté qu’elle ne doit pas dépasser, sachez qu’une bonne gomme peut se couper avec les incisives
et doit laisser un maximum de peluches sur le papier.
Peluches de gomme, naturellement, pas de papier !

Vous pouvez ajouter ceci :

Le Taille-crayon avec ou sans réservoir pour les copeaux, ou simplement le canif bien affuté.

Il existe une multitude de taille-crayons.

Celui-ci possède une molette de réglage qui donnera une mine plus ou moins pointue.

Dans tous les modèles, l’élément le plus important est la qualité des lames.

Le bois ne doit en aucun cas s’arracher. La lame doit enlever un copeau mince et régulier.

Les artistes de Paris

une histoire vécue par Piet

Je devais avoir une dizaine d’années. Comme beaucoup d’enfants parisiens, le dimanche, nous quittions rarement la ville. Après le déjeuner, s’il faisait beau, nous faisions quelques pas dans le quartier des Halles, au jardin des Tuileries ou à Montmartre, en famille.

Il n’était pas rare de voir, près d’un monument ou sur les abords d’une belle place, un artiste installé à peindre en plein air.

Je pouvais rester très longtemps à regarder évoluer un coin du tableau, en me plaçant derrière le peintre. Comme lui, je levais la tête pour observer le sujet, ou bien je me penchais sur le tableau quand il y posait une touche. J’essayais alors de voir comment il s’y prenait.

D’autres gens s’arrêtaient un court instant, glissant un commentaire élogieux.

J’avais remarqué que le peintre n’était pas insensible à ces compliments et je l’enviais un peu. Si j’avais pu, je serais volontiers resté tout l’après-midi, mais la promenade devait continuer.

Mon père ne dessinait pas mal pour quelqu’un dont ce n’était pas le métier, et nous échangions parfois quelques mots sur la peinture et le métier d’artiste.

Je rêvais de m’installer moi aussi un jour dehors, et de travailler sous le regard d’éventuels passants, surtout pour recueillir leurs compliments. J’en fis la demande à mon père, qui accepta de m’accompagner pour « faire l’artiste », le dimanche suivant.

Et nous voilà sur le Pont-Neuf, en train de choisir notre point de vue pour dessiner le Pont au Change, situé en plein centre de Paris.

Il me fallait du public pour réaliser mon rêve. Je m’installai dans un endroit où l’on pouvait me voir à l’œuvre, en oubliant, toutefois, que ce n’est pas derrière l’artiste qu’est le véritable spectacle, mais devant lui.

La technique du détective

Mon père s’était posté un peu plus loin. Il avait sorti de la poche intérieure de sa veste un très petit carnet et son stylo. Tenant son carnet dans une main, il avait commencé à dessiner avec discrétion, comme un détective noterait un indice. Moi, j’installai ostensiblement mes crayons et ma gomme, et je plaçai mon grand bloc verticalement.

L’habit ne fait pas le moine.

Le chevalet, les grandes feuilles de papier et les pinces à dessin ne font pas l’artiste non plus. Après avoir gesticulé, crayon au poing, pour prendre, bras tendu, les proportions du pont comme je l’avais vu faire, je n’avais même pas réussi à faire tenir le pont tout entier dans la feuille.

 

Changeant trois fois de tactique, j’avais déjà gâché et tourné six pages de mon bloc, en espérant que, surtout, personne ne s’arrête derrière moi.

Finissant par tracer un dessin maladroit, j’abrégeai la séance. J’ai rejoint mon père qui avait déjà rangé son carnet et lui montrai le triste résultat espérant quelques encouragements pour adoucir ma déception.
Franchement, je ne sais plus s’il m’a encouragé mais je sais qu’à ma demande mon père m’a montré son petit carnet.

Il avait pris sa feuille horizontalement, et l’on y découvrait un superbe paysage. Une véritable miniature. Le Pont au Change était rendu avec une multitude de détails. Les berges de la Seine, les péniches à quai, les arbres, Notre-Dame, tout me semblait parfaitement fidèle à la réalité.

J’ai appris, ce jour-là, que le matériel professionnel et le geste voyant ne servent à rien, s’il manque l’essentiel : le contenu de la malle !

La malle ?

Voici la malle

Devinez-vous ce qui se cache sous le couvercle ?

Le talent est-il la clé de la réussite artistique ?

Le talent s’acquiert-il ?

Ai-je du talent ?

Suis-je doué ?

Ces questions, nous nous les posons tous, au moment de nous lancer dans une activité artistique. Je crois qu’elles sont prématurées et inutiles. Laissez vos certitudes ou vos doutes de côté pour l’instant, et approchez-vous de la malle.

La voici ouverte

C’est une malle magique. Elle renferme un trésor bien plus extraordinaire que le talent.
Donnez-moi le temps de vous parler du talent :
C’est un luxe, une fortune dont vous avez peut-être hérité. Avec la fortune, tout semble plus facile.
Mais celui qui possède un héritage peut perdre beaucoup plus que celui qui n’a rien. De plus, on gère mieux son capital en étant conscient des limites de sa fortune.

Le talent peut d’ailleurs, comme la fortune, s’acquérir en partant de rien, ce qui est rassurant et juste.

Mais la malle contient bien plus que le talent. Elle renferme tout ce qu’il vous faut pour réussir. Regardez :

La méthode

A gauche, vous voyez des roues dentées. Elles symbolisent la méthode.

Cette méthode vous l’avez actuellement entre les mains. Vous n’avez plus qu’à l’utiliser. Elle est basée sur le principe des pignons. Sur un grand pignon, on ne sent pas d’effort, on ne fait pas de vitesse mais on avance toujours. C’est parfait dans les côtes. Le petit pignon permet d’arriver au but plus rapidement, en entretenant une vitesse acquise avec les pignons supérieurs.

Cette méthode vous laisse passer d’un pignon à l’autre comme vous l’entendez. Cela veut dire que vous ne devez jamais éprouver de difficulté. L’effort est inutile car la méthode est progressive. Vous ressentez un doute, un cap vous semble infranchissable ? Changez de pignon à volonté.

Vous saurez très vite comment procéder. Cela deviendra automatique.

Le matériel

A droite de la méthode, vous découvrez le matériel.

Papier, crayons ? Pas uniquement. Dessiner, c’est tracer. Pour tracer, il faut au moins un support et un traceur.

On peut dessiner avec un pinceau ou un bambou taillé, comme avec une craie, sur une ardoise ou sur un trottoir.

Vous allez explorer le monde des supports et des traceurs.

Il est possible

– qu’un support vous convienne bien.
– qu’un outil vous plaise particulièrement.
– qu’une technique d’utilisation vous corresponde mieux qu’une autre.

L’ensemble de ces choix feront votre personnalité et vous permettront d’avancer plus vite.

Mais, que contient encore cette malle ?

Tout commence par une idée

Un peu plus à droite il y a une flamme, un cadran de montre et une ampoule.

L’ampoule fait la lumière dans le noir. Elle a toujours symbolisé le jaillissement d’une idée. On parle souvent d’inspiration.

Dans un premier temps, nous pouvons assimiler idée et inspiration. Vous verrez, plus tard, qu’il existe une nuance importante entre les deux notions.

Que faire sans inspiration ? Rester devant une feuille blanche ? Chercher une idée « dans sa tête » comme on dit ?

Non, car si une idée qui vous inspire s’y trouvait déjà, vous l’auriez adoptée. C’est ailleurs qu’il faut chercher, et vous saurez bientôt où se nichent d’innombrables sources d’inspiration.

Donnez-vous le temps

Le cadran de montre, lui, vous rappelle une chose importante. Vous voulez vraiment atteindre un niveau de plaisir ou de compétence élevé. Pourquoi pas les deux ? C’est possible. Mais il y a un montant à payer, dans une monnaie frappée en minutes, en heures, en jours. Ce montant n’est jamais perdu, car vous le verserez à vous-même. Il faut vous donner du temps.

Grâce au système des pignons à votre disposition, vous pouvez choisir de ralentir dans les côtes, ou de rouler plus longtemps sur un chemin de contournement plus plat. Un seul objectif : ne pas mettre le pied par terre, ne pas s’arrêter, conserver l’élan. Donnez-vous du temps pour cela.

Alimentez le désir

Et cette petite flamme, que vient-elle faire ici ? Eteignez-la et vous perdez tout. C’est le symbole du désir. Rien de valable ne peut se faire sans lui. Perdez le désir et vous cesserez de dessiner. C’est le plus grand moteur qui soit. Un moteur sujet à pannes, tout au moins à des ratés. Le moteur peut s’encrasser par le découragement.

Vous découvrirez également dans cette méthode de quoi entretenir et stimuler ce désir d’apprendre, de dessiner et de réussir. Vous trouverez de quoi être fier du chemin parcouru, et des moyens objectifs et efficaces d’alimenter votre désir, s’il venait à faiblir.

Une main, deux yeux, un cerveau

Il reste quatre outils dans la malle. Ils sont à vous : deux yeux différents, votre main et votre cerveau.

Votre main tient et manipule l’outil. Elle est l’interface entre votre cerveau et votre crayon.

Elle sert à rendre visible l’immatériel , elle traduit la pensée en geste, comme le crayon traduit le geste en trace. Elle devra se faire oublier pour être un serviteur de vos intentions, comme lorsque vous écrivez.

Mais rappelez-vous que, petit, vous avez appris à écrire. A ce moment-là, vous étiez surtout préoccupé d’arriver à faire bouger vos doigts de façon coordonnée, selon vos ordres, en essayant de ne pas « déraper ». Vous irez beaucoup plus vite maintenant, car vous savez écrire.

Mais, imaginez que vous ayez à adopter une lettre nouvelle dans votre alphabet. Vous devrez alors apprendre à la tracer naturellement au beau milieu d’un mot.
Faites l’expérience. Ecrivez quelques phrases qui vous passent par la tête , mais remplacez tous les A par une lettre grecque phi ϕ ou lambda λ.
Pas simple !

Pour progresser en dessin, votre main devra être entraînée à vous servir. C’est pourquoi vous trouverez des exercices d’assouplissement pour améliorer votre habileté manuelle pure. Quand vous aurez atteint un certain niveau, vous oublierez votre main. Elle fera un tout avec votre cerveau.

Votre cerveau est le donneur d’ordres


Parfois, votre main semblera ne pas savoir comment reproduire ce que vous aviez imaginé.

Oui, mais pour bien commander, le cerveau doit connaître son environnement matériel et humain.

Dans certaines circonstances, vos ordres seront vains :

– si l’outil n’est pas bien adapté.

– si la main est en difficulté.

Tant que l’on n’a pas atteint un certain niveau, il existe presque toujours un décalage entre ce que l’esprit peut concevoir et ce que la main peut réaliser. L’un domine l’autre. Plus exactement, l’un empêche l’autre. Or, dans l’apprentissage de l’art et du dessin, le gêneur n’est pas toujours le même. Parfois, votre main n’obéit pas aux ordres du cerveau.

A d’autres périodes, c’est votre imagination, vos idées, votre inspiration qui vous limiteront, alors que votre main sera toute disponible à vos projets. Malheureusement, le nivellement se fait par le bas. Entre la main et le cerveau, c’est le moins compétent des deux qui donne les limites de l’ensemble.

Heureusement, dès le début, il est des moments où le cerveau et la main fonctionnent bien ensemble, et cela donne vos premiers dessins réussis.

Vous apprendrez à combler ces petits décalages, et plus vous avancerez, moins ils seront fréquents.

Votre cerveau est un instrument de grande complexité. De nombreuses théories sur le cerveau, et en particulier sur le cerveau droit, ouvrent des portes qui parfois se referment aussitôt sur vos doigts ! Vous pouvez progresser plus rapidement, en libérant simplement les aptitudes innées de votre cerveau. Vous découvrirez cela dans les exercices d’entraînement.

Votre cerveau est aussi un bloc-notes

Votre cerveau possède une remarquable mémoire. Vous pourrez y stocker des millions d’informations ou d’impressions que vous allez rencontrer.

Si une idée vous passe par la tête, vous avez tout intérêt à la noter sur un bloc pour la retrouver.

Mais si vous regardez une forme de nuage effilé, un reflet, une transparence d’eau, une zone de lumière sur un visage en mouvement, rien de tout cela n’est fixe, c’est une succession d’images. Une caméra serait nécessaire pour saisir ce qui donne un aspect particulier à ce que vous avez sous les yeux. Que pouvez-vous noter ?

Un croquis rapide n’est pas adapté pour cela. Seul, votre cerveau sait emmagasiner des milliers d’images pour vous. Cependant, il reste à lui demander de les restituer correctement. Grâce à cette méthode, vous acquerrez cette faculté.
Vous apprendrez à regarder d’une manière utile pour progresser.

Justement, pour mieux regarder, vous emprunterez régulièrement l’œil de la chouette et celui du faucon.

L’œil de chouette

L’œil de chouette est votre premier oeil. Il voit dans l’obscurité. Il saisit des nuances totalement ignorées des autres. La chouette veille, quand le reste du monde sommeille. Vous aussi, vous devez garder vos sens en alerte quand vous ne dessinez pas. Cet œil vous accompagne à chaque instant de votre vie, et il enregistre la moindre variation, le moindre mouvement de la nature. Au moment de dessiner, changez d’œil, prenez celui du faucon.

L’œil du faucon

Avec l’œil du rapace, vous apprendrez à voir le plus petit détail dans un ensemble vaste. C’est un œil vif et précis, même un peu féroce. Vous devez apprendre à observer, analyser, décider, puis foncer sur votre sujet, comme un faucon s’abat sur sa proie. Quand vous aurez pris une décision, vous ne devrez plus hésiter.

Apprenez à changer d’œil régulièrement. Vous découvrirez d’excellents moyens d’y parvenir, mais chaque chose en son temps. Je vous propose de regarder à nouveau ce qu’il vous faudra pour les premiers exercices dans la rubrique « Matériel à Prévoir » que vous trouverez un peu plus bas.
Découvrez ces exercices dans « Dessins à Faire » et profitez des autres rubriques de ce module. Ne brûlez pas les étapes, un module par semaine est parfait. Au besoin répétez les exercices jusqu’à les faire les yeux fermés 🙂

Cours de dessin 1909

Méthode Complète de dessin
en 23 cahiers pour
l’écolier parisien

 

Un remarquable cahier provenant d’une méthode de dessin
tel qu’il était enseigné en France au début du XXème siècle.

Sur la couverture une petite note précise :

« Le 7ème cahier est spécial pour les jeunes filles (travaux féminins) »

Vous trouverez avec ce module deux modèles issus de ce cahier que vous pourrez imprimer pour les utiliser.
Ne sous-estimez pas l’intérêt de se confronter à la réalisation des ellipses.
Recopiez au moins une fois de tels modèles. Cela permet de bien visualiser les endroits où l’on a tendance à pincer les ellipses. (généralement aux extrémités du grand axe)
Si votre niveau vous le permet déjà, vous prendrez comme modèle les photos d’objets similaires qui vous sont proposées.

De quoi travailler vos ellipses !

A vos crayons !

Vous trouverez toujours des dessins à faire ou des exercices à votre disposition dans cette rubrique. Les modèles ou les documents vous permettent des expériences supplémentaires.

Vous pouvez mettre votre dessin dans les galeries. Vos dessins seront vus par les autres membres et les tuteurs qui pourront, dans certains cas publier une correction s’ils jugent qu’elle peut être utile à tous. Mais cela n’est pas systématique.

Les autres galeries, telles que le choix du jury, les corrections audio, les maîtres, etc. seront ajoutées au fur et à mesure des semaines.

Dessins à Faire, à conserver ou à mettre en galerie

Dessin de mémoire

Les références DAF- suivies d’un numéro sont les Dessins A Faire. Les FAC- sont les dessins proposés mais facultatifs. Bien entendu plus vous ferez d’exercices plus vous progresserez rapidement.

DAF-015-1

Sur une feuille A4 blanche, dessinez sans modèle une bicyclette. Aucun temps n’est imposé. Passez 2 minutes ou 20 minutes, comme vous voudrez. Dessinez au crayon, et mettez une petite croix en bas de votre feuille à chaque fois que vous prenez la gomme. Enfin, inscrivez en bas la date et le temps passé.

Ajoutez « de mémoire » comme référence pour plus tard.

Dessins facultatifs à conserver ou  mettre en galerie

Dessin de mémoire

FAC-015-1

Sur une feuille A4 blanche, dessinez sans modèle une poule et un chat. Il n’y a aucun temps imposé. Dessinez au crayon et mettez une petite croix en bas de votre feuille à chaque fois que vous prenez la gomme. Enfin, inscrivez en bas la date et le temps passé.

Ajoutez “de mémoire”.

Dessin de mémoire

FAC-015-2

Sur une feuille A4 blanche, dessinez sans modèle une oreille. Aucun temps n’est imposé. Dessinez au crayon et mettez une petite croix en bas de votre feuille à chaque fois que vous prenez la gomme. Enfin, inscrivez en bas la date et le temps passé.

Ajoutez “de mémoire”.

Lorsqu’il vous est demandé de dessiner de mémoire, jouez le jeu. Si vous regardez d’abord un modèle, même si vous ne le regardez pas au moment de dessiner vous ne réalisez pas l’exercice tel que demandé. Nous prenons actuellement une empreinte de votre situation. Vous serez certainement très vite surpris par vos progrès.
Il n’y a aucune honte à avoir même si votre dessin est imparfait. Le dessin est une aventure pour vous-même. Le regard des autres est sans importance.

« Etant donné que pour ce premier module je vous demande de dessiner de mémoire, je ne vous propose aucun modèle.
Vous verrez comme ce sera amusant pour vous, dans quelques mois de revoir ce que vous faisiez au début quand vous dessiniez de mémoire… »
Vous pouvez toutefois faire l’exercice du cahier de l’écolier parisien pour vois comment vous arrivez à tracer des formes d’éllipses

Dans le prochain module vous allez vous familiariser avec le dessin d’une tête.

La représentation de la tête est tellement fortement ancrée dans notre subconscient qu’on a tendance à la voir un peu partout.

Voyez dans cette rubrique le matériel dont vous aurez besoin prochainement.

Ceci vous permet de vous organiser.

Pour l’instant le matériel déjà indiqué plus haut est suffisant. Vous serez prévenus dès qu’il faudra prévoir de vous équiper de matériel supplémentaire mais vous aurez le temps de l’acheter ou de le commander. Vous avez certainement déjà quelques outils supplémentaires, crayons de couleur, feutres, stylos à bille ou à plume…

C’est amplement suffisant pour changer de medium si vous en éprouvez le désir. Bien dessiner peut se faire avec tous les outils.

Pour votre prochain module, rien de plus que pour celui-ci :

1 crayon HB et 1 crayon 2B


 

1 bloc de papier à dessin


ou 500 feuilles de papier blanc pour le bureau.

Une gomme de bonne qualité.

Un taille-crayon avec ou sans réservoir pour les copeaux, ou simplement le canif bien affuté.

 

A partir de ce module, vous trouverez dans presque chaque module une vidéo sur les outils ou la technique.
L’ordre est relativement aléatoire mais après quelques dizaines de ces vidéos, j’espère que vous aurez au moins découvert une ou deux choses utiles…
Piet


Conservez un double de vos images chez vous, c’est plus sûr !
Ne mettez ici que les images de vos DAF ou de vos FAC

Conservez un double de vos images chez vous, c’est plus sûr !
Ne mettez ici que les dessins destinés à la Galerie des Membres.

En principe vous trouvez ici tous vos dessins mis en galeries ou en attente de validation.
Il sont aussi accessibles dans une galerie plus confortable dans votre menu Espace Membre/Ma Galerie Perso


Veuillez vous connecter pour voir vos images personnelles

Notez votre progression dans ce module

  • Module parcouru rapidement
  • Module vu en totalité
  • DAF faits
  • FAC faits
  • Module à revoir
  • Module bien assimilé

Vous pouvez changer vos choix à tout moment.
Une fois le module bien assimilé vous pourrez aller noter votre avancement ici